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EXTRAIT DE L’ENTRETIEN ACCORDE A LA VOIX DE L’AMERIQUE PAR ALI BONGO.

EXTRAIT DE L’ENTRETIEN ACCORDE A LA VOIX DE L’AMERIQUE PAR ALI BONGO.
April 01
14:35 2016

Journaliste : Notre invité, Monsieur Ali Bongo Ondimba, Président de la République du Gabon. Monsieur le Président, Bonsoir!

Ali Bongo Ondimba : Bonsoir !

Journaliste : On va tout de suite aller en politique, l’actualité c’est aujourd’hui la démission du président de l’Assemblée nationale. Il était au perchoir depuis 1997, Guy Nzouba Ndama. Donc il quitte le navire, ça vous fait quoi ?

Ali Bongo Ondimba : Je suis surpris. Car ce n’est pas du tout ce que me laissait entendre la dernière conversation que j’ai eue avec lui. Maintenant il m’a écrit une lettre, je n’ai pas vu cette lettre, je ne peux pas spéculer et faire de commentaires particuliers. Je verrai beaucoup plus clair lorsque je rentrerai à Libreville et que j’aurai lu sa lettre.

Journaliste : Mais La Lettre du Continent avait annoncé qu’il va annoncer lui-même sa candidature à la Présidence le 5 avril ?

Ali Bongo Ondimba : Cela fait plusieurs semaines qu’on a dit que…qu’il allait faire une annonce au mois de mai, de mars, mais c’était repoussé en avril. Donc il ne faut pas spéculer, nous attendons. Il m’a écrit une lettre, je lirai cette lettre et en ce moment-là je verrai. Pour l’instant il n’y a pas péril en la demeure.

Journaliste : Mais vous-même, vous êtes candidat ?

Ali Bongo Ondimba : Bien sûr.

Journaliste : Dès l’annonce de votre candidature, il y a eu des caciques du PDG (parti au pouvoir) qui ont dit que ce n’était pas la procédure ? Et ces caciques ont été exclus.

Ali Bongo Ondimba : Non, non pas du tout, la procédure a été celle qui a été indiquée. Parce que c’est l’article 29 de nos statuts qui disent clairement ceci: « Si le président du parti est en même temps Président de la République, il est le candidat naturel du PDG. Et c’est ce qui se fait un peu partout dans le monde. Un Président sortant a toujours un avantage. En 2009, je n’étais pas Président et je suis passé par la formule des primaires. Donc, c’est pour dire que je ne redoute pas les primaires. Nous étions dix candidats aux primaires, je suis passé par là.

Journaliste : Mais tout de même, le président de l’Assemblée nationale qui s’en va, trois caciques. Vous n’avez pas l’impression qu’il y a beaucoup de barrons qui quittent le navire.

Ali Bongo Ondimba : Mais ça, ce n’est pas la première fois. En 1993, le président de l’Assemblée nationale qui s’appelait d’ailleurs Jules Bourdes Ogouliguende nous avait quittés. Donc ce n’est pas la première fois.

Journaliste : Et vous êtes convaincus que vous allez gagner ce scrutin

Ali Bongo Ondimba : On ne se lance pas dans une aventure comme celle-là si on n’a quand même pas des chances de succès. Donc moi je sais ce que nous avons fait. J’ai un programme. J’ai un certain nombre d’acquis et par rapport à cela, par rapport au programme qui est le mien, je pense que je peux susciter le soutien de mes compatriotes.

Journaliste : Pourquoi n’y a jamais eu de dialogue avec l’opposition gabonaise ?

Ali Bongo Ondimba : Il y a toujours eu dialogue avec l’opposition gabonaise. Maintenant cela dépend de ce que vous mettez comme définition dans le terme de dialogue. Parce que pour certains, Dialogue, c’est que vous écoutez ce que je vous dis et vous faites ce que je vous dis. Pour eux, c’est cela le Dialogue. Pour moi ce n’est pas cela le Dialogue. Le Dialogue, on accepte que l’on puisse avoir une opinion différente. Le Dialogue n’a jamais été d’avoir la même opinion. On discute. Donc je l’ai fait. J’ai consulté l’opposition à plusieurs reprises.

Et je trouve que nous sommes en Démocratie…et qu’il ne faille pas, absolument parce qu’on est Africain, on doit faire les choses différemment. Nous sommes allés tous devant les populations avec un programme. La population choisit un programme. Pourquoi voulez-vous que celui qui est élu mette son programme de côté pour prendre le programme des autres ? Le programme qui n’a pas été, qui a été rejeté. Pourquoi voulez-vous que je fasse cela ? Pourquoi voulez-vous que je le fasse ?

Journaliste : Pour apaiser les esprits parce que généralement il y a…

Ali Bongo Ondimba : Apaiser quoi ? La population a eu le temps de choisir. Alors à quoi sert l’élection ? L’élection sert à ce que nous allions devant le peuple et que nous présentions tranquillement, calmement nos programmes. Le peuple est le souverain qui choisit. Maintenant, quand le peuple a choisi, il faudrait que l’on mette de côté ce choix là pour aller vers ceux que le peuple a rejetés ? Il y a un problème là!!!

Journaliste : Oui mais souvent…

Ali Bongo Ondimba : Pourquoi ? Pourquoi ce n’est pas exigé ailleurs ? Pourquoi c’est seulement exigé en Afrique ?

Journaliste : Je ne sais pas. Mais généralement quand il y a des élections, il y a souvent des violences aussi, à Port-Gentil et…

Ali Bongo Ondimba : Il y a eu quelques violences. On a cité des morts. On n’a jamais pu trouver. C’est toujours la même chose. Mais quand il y a des violences aussi ailleurs, même ici (Etats-Unis), ce n’est pas le même problème ? Pourquoi les violences en Afrique sont regardées de manière différente qu’ailleurs ? Il n’y a jamais des manifestations ailleurs qu’en Afrique ? N’y a jamais de violence dans les rues ailleurs qu’en Afrique ? Pourquoi faut-il que ça soit toujours l’Afrique ou il y a deux, trois mouvements tout de suite il faut dire, ah il faut faire ceci, il faut faire cela. Nous ne voulons pas, nous ne voulons pas une démocratie qui soit uniquement pour l’Afrique.

Il faut que le système démocratique qu’il y a dans le monde entier, que ça soit le même pour nous aussi. Donc je ne vois pas pourquoi il y aurait des choses spécifiques parce que c’est les Africains, il faut faire comme ça, ailleurs on ne fait pas comme ça. Pourquoi ? Nous avons tous voulu aller dans un système démocratique basé sur une pluralité d’opinions et laisser le peuple souverain décider. Eh bien nous ne demandons ni plus, ni moins que tout ce qui se fait ailleurs.

Journaliste : Vous parlez de système démocratique, beaucoup de gens disent que vous avez hérité le pouvoir de votre père

Ali Bongo Ondimba : Encore une fois, je vous rappelle que moi mon parti qui est celui de mon père dont il était le Président, j’ai quand même été aux primaires. Et nous étions dix candidats. Je n’ai pas été le « candidat naturel ». Et je rappelle que mon père disait que je pourrais hériter de sa maison, mais pas de son fauteuil. Donc il a fallu que j’aille me faire un prénom. Et je partais avec un handicap qui était celui-là parce que justement mon père a été Président. Cela n’a pas été forcément un atout. C’était plutôt un handicap. Donc moi devant une situation comme celle-là, il fallait que je fasse deux fois plus pour prouver. C’est ce que je fais. Et c’est le peuple gabonais qui a décidé. Donc encore une fois, une idée d’héritage. Oh ! C’est, c’est de bonne guerre pour tous ceux qui sont mes adversaires de dire cela parce qu’ils n’ont pas gagné

Journaliste : Parlant d’héritage, en fait Pierre Péan l’a écrit, votre demi sœur en France le dit, l’opposition, tous disent vous êtes un enfant adopté. Pouvez-vous nous éclairer au moins ?

(Rires avec le journaliste)

Ali Bongo Ondimba : Encore une fois, je dirais tout simplement que lorsqu’on accuse, il faut apporter la preuve de ce que l’on dit. Il parait même que Monsieur Pierre Péan est allé au Nigeria, soit disant pour retrouver mes parents. Bonne chance!!

Ils n’ont jamais apporté la moindre preuve de ce qu’ils ont avancé. Les tribunaux compétents dont le tribunal de Libreville a classé cette affaire. Et le tribunal de Nantes l’a fait.

Maintenant s’ils veulent aller attaquer l’Etat français, ils sont libres de le faire. S’ils veulent attaquer l’Etat gabonais, ils sont libres de le faire.

Tout ceci montre quoi ? Tout ceci montre une absence de programme à proposer aux Gabonais, une absence sérieuse. Alors on va essayer de divertir les Gabonais sur une affaire qui est montée de toutes pièces et qui est ridicule.

Entre nous, mon père a eu beaucoup d’enfants et toute ma famille. Vous croyez qu’ils supporteraient, ils auraient accepté de supporter tout ce qu’ils ont accepté, les critiques, les campagnes de presse et tout cela pour un étranger ? Alors que nous avons, mon père a eu beaucoup d’autres enfants ?

Pourquoi les autres n’auraient-ils pas dit : “C’est moi”? Pourquoi mes parents ? Et j’ai encore le frère de mon père qui est vivant. Et vous croyez qu’il ne défendrait pas plus les membres de sa famille si moi j’étais un étranger? C’est ridicule. Quant à ma demi-sœur, bon…

Journaliste : Là-bas, on dit que c’est une histoire d’argent, d’héritage…

Ali Bongo Ondimba : Je ne vous le fais pas dire.

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